
MATIÈRES PREMIÈRES
Réflexion sur la divergence entre le cours de l’or et les actions aurifères en 2011
Par Steve Land, CFA¹, Vice Président, Gérant de portefeuille
et analyste Franklin Equity GroupTM.
La divergence marquée constatée au premier semestre 2011 entre le cours du lingot
d’or et les actions de sociétés spécialisées dans l’extraction, le
traitement ou la négociation d’or a été quelque peu déroutante. Historiquement,
le cours de l’or et les valeurs aurifères affichent une corrélation très étroite,
mais depuis peu, les seconds reculent tandis que le premier ne cesse de monter. Parmi les facteurs susceptibles de
contribuer à ce phénomène, citons :
La hausse des coûts de production – l’énergie, les
équipements et la main d’oeuvre plus chers ont renchéri les coûts d’extraction
et pesé sur les marges de nombreuses sociétés aurifères. Face à la
flambée des cours de l’or et à la détente marquée des cours pétroliers,
la pression sur les marges devrait s'apaiser et permettre à certaines compagnies aurifères de
générer des résultats solides au second semestre (à condition que les cours de
l’or restent élevés).
l’augmentation des investissements – la demande solide de
matières premières de tous types a dopé les coûts de mise en service de nouvelles
mines. Notre stratégie cible les sociétés minières, et nous apprécions
particulièrement les jeunes acteurs possédant des terres qui n'ont pas encore été
totalement explorées. Selon nous, l’issue positive de la phase d’exploration peut
déboucher sur des opportunités d’expansion peu onéreuse et permettre à
une jeune société de grandir plus vite et de manière plus rentable que le reste du secteur.
l’évolution défavorable des cours de change – si
les sociétés aurifères vendent généralement leur production en dollar
américain, elles peuvent encourir des coûts dans leur devise locale. Depuis quelques années
par exemple, les marges de bon nombre d’exploitants sud-africains, australiens et canadiens ont
été rognées par la vigueur de leur devise locale. l’inversion récente
de cette tendance a engendré une perte de change pour les investisseurs américains dans
ces sociétés, ce qui devrait parallèlement contribuer à améliorer les
marges futures de ces dernières et avoir des répercussions positives sur le cours de leurs actions.
Les actions aurifères restent des actions – par le passé,
nous avons observé une corrélation positive entre l’évolution des titres du secteur
et le reste du marché actions, une dynamique qui semble réapparaître aujourd’hui.
Malgré ces facteurs défavorables et la faiblesse récente des actions
aurifères, celles-ci restent assorties de caractéristiques solides et sont un placement
intéressant au sein d’un portefeuille diversifié, pour les raisons suivantes:
Les marges progressent – le marché a selon nous réagi
de manière disproportionnée aux pressions liées à la hausse des coûts, et
ignoré le fait qu'en moyenne, les sociétés aurifères affichent des marges
d’exploitation solides qui progressent dans le sillage du renchérissement de l’or.
Les valorisations sont historiquement faibles – les écarts entre les actions
aurifères et les lingots d’or offrent aux investisseurs l’occasion d’investir
dans des valeurs aurifères assorties d’une décode substantielle par rapport à
leurs niveaux historiques.
Les dividendes ont récemment augmenté malgré les
craintes d’accroissement des investissements, les sociétés aurifères ont pour
la plupart généré d’importants flux de trésorerie disponible, ce qui
leur a permis de verser des dividendes et pour certaines de les augmenter.
Le cours de l’or bénéficie à notre sens du soutien fondamental
du contexte économique et il reflète l’insuffisance de l’offre par rapport à
la demande. En conséquence, une hausse des cours est nécessaire pour inciter les acteurs à
revendre leurs positions existantes afin de répondre à cette nouvelle demande. Aujourd’hui,
l’or est cher, à plus de 1 897 dollars l’once le 22 août dans le contexte des
difficultés de la zone euro². Sans vouloir prévoir son évolution, il ne serait pas
surprenant qu'il progresse encore davantage en cas de nouvelle actualité négative.
Nous privilégions toujours les sociétés minières caractérisées
par des gisements de qualité, des coûts de production faibles, des projets de développement
rentables et un potentiel d’exploration favorable. Globalement, même si l’or peut être un excellent
outil de diversification au sein d’un portefeuille, nous sommes globalement convaincus que l’exposition
à l’or (sous quelle forme que ce soit) devrait rester réduite. En outre, même si les autres
métaux précieux comme le platine et le palladium sont tributaires de secteurs sensibles au cycle
économique comme l’automobile, ils restent des actifs physiques susceptibles de jouer un rôle de
diversification intéressant dans le cadre d’une stratégie d’investissement globale.

¹CFA® et Chartered Financial Analyst® sont des marques
déposées appartenant au CFA Institute.
² Bloomberg, L.P. Prix spot de l’or en USD/once.
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